Très « chère » rentrée !
Quand le Conseil Général de la Meuse oublie la notion de gratuité de l’Ecole Publique à travers le coût des transports scolaires…
Jeudi 25 Juin, quelques parents de l’école de Juvigny sur Loison bloquent le bus qui doit ramener les enfants à la maison. Symbolique ! Le ras-le-bol gronde chez les parents. La presse est convoquée, une lettre rédigée pour le Conseil Général, un rendez-vous pris avec Mr Léonard, Conseiller Général du canton de Montmédy. Espoir de faire entendre la voix des parents mécontents. Mais que s’est-il passé ?
Quelques jours avant la fin de l’année scolaire, les parents des élèves prenant le bus ont reçu via les écoles la demande de carte de transport. Obligation de payer cette année une cotisation de 30 à 60 Euros par famille pour bénéficier du transport à la rentrée.
« Situation inacceptable » disent les parents. C’est bien le Conseil Général qui a encouragé les communes à créer des regroupements scolaires (RPI) entraînant la fermeture des écoles dans les villages et qui a ainsi provoqué la mise en place d’un réseau de transports scolaires parfois longs et éprouvants pour les enfants.
C’est aussi le Conseil Général qui actuellement favorise les grands regroupements avec création de cantines dont il finance un tout petit pourcentage de la salle de restauration ; la contrepartie étant la suppression des transports le temps de midi, soit une économie non négligeable (pour le Conseil Général).
On attendait donc de Mr Léonard de représenter les intérêts locaux. Mais, déconvenue ! Alors qu’il prétend avoir été le seul à soulever ce problème lors de la dernière campagne, aucune trace de cette affirmation dans ses tracts électoraux. Mieux, il se fait le porte-parole du Conseil Général : « Si le Conseil Général n’avait pas, à l’origine pris en charge le financement de ce service qui ne relevait pas de ses compétences, le problème du paiement ne se poserait pas aujourd’hui ! » les gens obligés de payer ne se seraient pas plaints… Ni dialogue, ni concertation à l’horizon ! Seulement des réponses toutes faites, servies à froid ! Sentiment que les citoyens électeurs sont au service du pouvoir et que le pouvoir est là pour lui-même !
Les familles modestes en mal de payer seront-elles orientées vers les services sociaux ? Et celles qui ne payent pas les cantines ? Bonjour la dignité dans toutes ces mesures ! Ce type de gouvernance aux allures de « ce qui est dit est dit » ressemble à de la provocation pour des familles déjà pénalisées.
Tout le monde sait qu’habiter un village coûte plus cher par manque de services (école, poste, gare, magasins, sports, infrastructures diverses…) Voilà qu’aujourd’hui l’école n’est plus égale pour tous. L’aspect pédagogique et le bien des enfants y trouvent-ils leur compte ? A se demander si ce qui devait être un mieux n’est pas un mal et s’il ne faut pas regretter le passé, quand l’école était encore le cœur vivant du village ! Pauvre village-dortoir dépossédé de tout ! Les familles villageoises se sentent grugées, manipulées, laissées pour compte !
Une certitude, pourtant : quand l’injustice est au rendez-vous, la conscience et la solidarité citoyennes ne sont pas loin…
Le GRAP ( Groupe de Réflexion et d’Action Progressiste ) du Nord Meusien