Festival Arts et Renaissance de Marville 2009 : Analyse
Ils étaient des milliers…
10.000 visiteurs et participants pour l’ensemble du week-end selon l’organisation. Même si ce chiffre peut paraître exagéré, il n’en reste pas moins que Marville et son Festival Arts et Renaissance est en train de s’imposer.
Le nombre
Il sera assez délicat d’estimer exactement le nombre de visiteurs du festival. Ceci pour deux raisons : samedi, l’entrée était gratuite et dimanche comme nous l’a signalé un pompier du village : « Les gens entraient et sortaient librement après avoir payés…. ». Il n’empêche que selon nos estimations, sur l’ensemble du week-end, le nombre de visiteurs a sûrement approché la dizaine de milliers.
L’origine des visiteurs
Quant à l’origine, en regardant les plaques de voitures dans les différents parkings, force est de constater que Marville a réussi à s’internationaliser nettement mieux que la Fête des Remparts de Montmédy. C’est par dizaine que l’on apercevait des immatriculations d’autres départements que la Meuse, de Belgique, Luxembourg, Allemagne, Pays-Bas, Grande-Bretagne et même quelques voitures venant de Suisse et d’Italie.
La cohérence de la programmation
Il est également évident que l’organisation du Festival n’a pas répété les erreurs de nombre d’organisations locales. Les commerçants et les artisans étaient dans leur majorité de qualité et surtout correspondaient à l’époque de la thématique. A savoir la fin du Moyen Age, le début de la Renaissance.
Comme la volonté du Festival est de viser un niveau qualitativement élevé, les habituelles brocantes que l’on trouve généralement n’étaient pas présentes. Pour ce qui concerne les animations, si celles-ci étaient moins nombreuses que les années précédentes, par contre, le professionnalisme était de rigueur.
Deux exemples : la cour de l’école du village a été transformée en une reconstitution d’une petite place de marché villageoise du XIVe siècle. A chaque stand, les visiteurs pouvaient recevoir toutes les informations sur les apothicaires de l’époque, la fabrication des cottes de maille, l’écriture des scribes, l’art de la miniature, les armes et leurs usages, la coutellerie et même une exécution publique d’une bohémienne etc …
Sur une autre place du village, un espace a été réservé pour des animations de ménestrels, saltimbanques, troubadours, … Les scènes représentées, (théâtre, musicales, jongleries, …) étaient remarquables de savoir-faire.
D’autres démonstrations artisanales, toutes correspondants, à l’époque étaient également proposées comme des tailleurs de pierre, des travailleurs du fer, et même, dans une ancienne maison, des dentellières étaient au travail.
Mais le point fort de cette édition a été sans conteste la reconstitution complète d’un tournoi de justice. Tournoi qui permettait, par exemple, à deux seigneurs de déterminer qui était le propriétaire d’un fief. Ce tournoi ayant été installé sur le terrain de football de Marville permettait une largeur de vue complète. Ici également autour de la lice, nombre d’artisans montraient leurs savoir faire. (voir les photos de celui-ci dans la galerie)
La soirée du samedi était consacrée à un concert du groupe celtique Faun. Malheureusement nous n’avons pas pu y assister et donc il nous est impossible d’en faire la critique.
En optant pour la qualité, pas la quantité
En se refusant à la facilité (brocante) et en privilégiant la qualité (troupes de professionnels reconnus le Festival de Marville est en passe de devenir un événement qui pourra s’inscrire dans les programmations des autocaristes de Belgique, Pays-Bas et de départements assez éloignés.
Se faisant, nous pouvons déjà tracer les parallèles avec les deux autres manifestations majeures laïques du Pays de Montmédy. La Fête des Remparts de Montmédy, dans sa forme actuelle, va toucher une cible régionale. Ce qu’elle perd en qualité même des animations proposées elle le regagne en spontanéité. Si les organisateurs de Montmédy pouvaient refouler dans les douves de la citadelle les brocanteurs et interdire l’accès des voitures dans toute l’enceinte de la citadelle, ils regagneraient un espace plus cohérent et donc plus facilement améliorable qualitativement. Mais nous le répétons, dans son ensemble la Fête des Remparts reste un moment privilégié pour découvrir l’âme gaumaise et lorraine.
Pour ce qui est d’Avioth et ses Artistiques, nul doute que cette journée attire surtout les vacanciers en Gaume ainsi que les habitants des alentours. Ici l’accent est mis uniquement sur l’artisanat et ce sans concession. Donc pas de brocantes avec des expositions d’objets aussi kitch les uns des autres. Pour aller plus loin, nous dirions que l’élément de force d’Avioth est l’ambiance de sa fête.
Au final, Marville est son Festival peuvent être considéré comme étant la vitrine du Pays de Montmédy dans un rayon large, la Fête des remparts, comme un moment important de la vie locale et les Artistiques d’Avioth, comme une porte d’entrée pour les amateurs d’ambiance authentique.
Le futur
Pour sa quatrième année d’existence, le Festival de Marville démontre que la règle, qui veut qu’il faille au minimum quatre à cinq ans pour qu’une manifestation s’impose, est parfaitement exacte. Nous pensons que d’ici quelques années, le Festival va être répertorié par les opérateurs professionnels du tourisme et que les TV nationales vont commencer à s’intéresser à la manifestation.
Le seul problème que les organisateurs vont devoir résoudre assez rapidement va se situer au niveau de l’hébergement des visiteurs. Mais cela, c’est une autre histoire….
Michel Ghesquière