La Lorraine n’existe pas chez les professionnels du tourisme de Belgique…
Coup de téléphone le 5 octobre, le Républicain Lorrain et nous demande: « Quelle est l’image de la Lorraine au niveau touristique en Belgique ? »
Profitant de notre présence lors du Congrès de l’UPAV qui rassemble la fine fleur des opérateurs touristiques professionnels de Belgique, nous avons interrogé Jean-Philippe Cuvelier, (président de l’Union Professionnelle des Agences de Voyages de Belgique francophone), Jean-Luc Hans (past-résident de l’Association Belge des Tour-Opérateurs et président actuel de la branche des membres francophones de la dite association), Jean-Christophe Weicker (président du groupement d'intérêt économique (GIE) Travel Group), Alain Kisiel (président du GIE Avitour qui compte 180 AGV) et de nombreux autres responsables du tourisme professionnel de Belgique.
Nous avons également posé la question à la représentante d’Atout France présente lors de ce congrès.
Florilège des réponses
« La Lorraine, c’est une région ? Je croyais que c’était un ancien duché aujourd’hui disparu ».
« Je connais, c’est la Région qu’on traverse pour aller à la Côte d’Azur. »
« Les Vosges, c’est en Lorraine ? Je croyais que c’était en Alsace. »
Et à la question des villes de la Région, si Metz et surtout Nancy sont connues très peu des personnes interrogées les ont visitées. Par contre, Verdun est oubliée ou située en Champagne-Ardenne. Mais curieusement certains pensaient que Givet et Charleville-mézières étaient de Lorraine. Idem en ce qui concerne Colombey-les-Deux-Églises. Et pour Domremy-la-Pucelle, autant ne pas en parler…
Plus aimable, l’un des interviewés : « Ce n’est pas là où tu habites ? Sans toi, je ne connaîtrais même pas Montmédy, ni ne savais que cette ville était en Lorraine ».
En fait, les réponses semblent démontrer que le Région Lorraine n’a jamais vraiment démarché les professionnels du voyage en Belgique (ce que la représentante d’Atout France dément naturellement).
Mais cela montre également et cela nous a été dit à plusieurs reprises, que la France n’a pas vraiment une politique de communications structurée vers la Belgique et que cela dépend du dynamisme de chacune des régions.
Et sur ce point-là, la Lorraine semble se situer au fond de la classe parmi les cancres.
La cible de la Lorraine ? le tourisme individuel sans doute.
En fait, tout donne à penser que la Lorraine prospecte surtout le marché des touristes individuels et néglige totalement le secteur des agences de voyages et des tours opérateurs de Belgique.
Ce que confirme indirectement une agence de voyages qui est également autocariste:
« Vous savez pour qu’une région frontalière fasse des offres construites vers le BENELUX, elle ne peut le faire qu’à deux conditions. Que le personnel de contact des Offices de Tourisme locaux soit bilingue et si ceux-ci souhaitent approcher les tours-opérateurs de Belgique ou des Pays-Bas que les directions de ces organismes connaissent la langue de leurs clients c’est-à-dire le néerlandais ou, au minimum, l’anglais. Ce qui est loin d’être le cas, croyez-moi ! »
Et de compléter « Vous savez en Turquie, au Maroc ou en Egypte, nous ne rencontrons pas de problème pour recruter des guides parlant le néerlandais…. »
Au fait, dans le pays de Montmédy, comme 50 % des touristes qui viennent sont d’origine flamande ou des Pays-Bas, …
Michel Ghesquière