La presse dans le Pays de Montmédy
En son temps, Montmédy avait son propre journal, « Le Journal de Montmédy ». À l’origine, il s’agissait d’une simple feuille d’annonces publicitaire née en 1830. Celle-ci s’est transformée en une vraie gazette de l’arrondissement de Montmédy en 1848. Son tirage ? plus que limité : environ 400 exemplaires. Mais il est vrai que le potentiel de lectorat devait être bien faible, si l’on tient compte du degré d'alphabétisation de l'époque.
Pour la petite histoire, au XIXeme siècle, l’une des méthodes pour connaître le taux d’alphabétisation d’une région se limitait à …. compter les signatures dans les actes de mariage. Traduction: si une personne savait écrire son nom, elle était considérée comme sachant lire et écrire….
Ce média est emporté en 1939 par la drôle de guerre puis par l’occupation elle-même. La politique rédactionnelle ? Disons que le Journal de Montmédy était en fait une publication préfectorale pour ne pas dire gouvernementale. En effet, à l’époque seuls les préfets et les sous-préfets disposaient des informations administratives, législatives et politiques pouvant intéresser les lecteurs Ce qui en faisaient les principaux pourvoyeurs des des aides à la presse (on dirait aujourd’hui des subsides) nécessaires pour financer le journal.
Naturellement, l’attribution des annonces légales et des publications publicitaires payantes ne se faisait que si les journaux étaient conformes aux vœux du pouvoir.
Actuellement, en dehors de la presse Internet, il n’existe plus que quatre médias couvrant le Pays de Montmédy. Plus exactement quatre supports régionaux peuvent être considérés comme étant lu par les habitants de la région.
La presse quotidienne
Deux journaux se partagent le marché local, L’Est républicain et le Républicain lorrain. Mais cette complémentarité est due sans doute à l’actionnaire commun : le Crédit Mutuel. Certaines pages sont d’ailleurs communes: les deux titres ayant le même bureau parisien Rue de Bassano.
L’Est Républicain voit le jour en 1889 à Nancy et couvre principalement la Meurthe-et-Moselle et la Meuse (Tirage en 2007 : 197,271 source OJD). Le Républicain Lorrain, quant à lui, est né en 1919 à Metz et couvre la Moselle et le nord de la Meurthe-et-Moselle (tirage en 2007 : 156,282 source OJD).
Dans les grandes lignes, il n’est pas faux de dire que L’Est Républicain est le principal quotidien du canton. La raison en est simple : ce quotidien dispose de correspondants locaux à Montmédy et à Marville. À ce propos, il faut souligner la grande qualité de Guy Henrion qui est devenu avec le temps le mieux informé du canton. Aujourd’hui, celui-ci est soutenu dans la couverture de Marville par Claudine Gentili.
La presse gratuite
Autant la presse d’informations est sous domination de l’Est Républicain et dans une moindre mesure du Républicain Lorrain, la presse gratuite qui domine dans le Pays de Montmédy est belge.
A nouveau on y trouve un titre dominant : Passe Partout et un outsider : Vlan Ardenne Hebdo
Passe Partout est né en 1990 à Saint-Mard sous le nom de Reflet. Son responsable est resté le même: Philippe Durant. Il n’est pas faux de dire que Passe Partout est sans doute le média qui a la couverture totale du canton. C’est également un journal que l’on peut dire comme totalement transfrontalier puisque son tirage total de 30,000 exemplaires se répartit en 16,000 diffusés en Belgique et 14,000 en France.
La distribution s’effectuant pas voie postale dans toutes les boîtes aux lettres du Pays de Montmédy. Autre originalité, ce journal publicitaire dispose d’une réelle politique rédactionnelle : +/ 15 % du contenu étant de véritables articles.
Vlan Ardenne Hebdo, avec son tirage déclaré de 38,200 exemplaires, n’est que faiblement diffusé dans le canton : uniquement via des présentoirs dans quelques points de vente. Contrairement à Passe Partout, il n’y a quasiment pas de véritables articles rédactionnels dans ce média.
L’absence des quotidiens frontaliers belges
Il est frappant de constater que si L’Est Républicain et le Républicain Lorrain peuvent se retrouver dans les kiosques belges le jour même, ce n’est pas le cas pour les journaux belges en France. Ni l’Avenir du Luxembourg, ni les journaux du groupe Sud Presse ne sont distribués dans leurs éditions du jour à Montmédy, Marville, ni même à Longuyon.
Il en est de même pour la presse nationale Belge, alors que curieusement tous les titres nationaux français se retrouvent dans les librairies belges le jour même. Même via la poste, les journaux belges ne parviennent à leurs abonnés que le lendemain de leur parution.
Michel Ghesquière