Le plan d’eau de Marville sans eau
Lorsque nous râlons contre la lenteur des prises de décisions des pouvoirs publics, c’est qu’il arrive qu’à force de devoir respecter les procédures et de ne pas tenir compte de la réalité du terrain, ces mêmes procédures provoquent une mise au chômage de dizaines de personnes et à un problème écologique évident.
Remontée dans les années 70
En ce temps-là, la sidérurgie Lorraine était encore prospère. II avait été envisagé de créer pour le personnel une grande base loisirs nautiques. Aussitôt dit, aussitôt fait, après une recherche, il est décidé de créer un vaste plan d’eau à Marville.
L’étude des sols, la situation, tout est favorable à cet investissement à orientation sociale. Les travaux d’aménagement vont être réalisés entre 1975 et 1978. Mais malheureusement, ils doivent être interrompus suite à la crise qui touche de plus en plus fort le secteur en Lorraine, comme au Luxembourg et en Belgique.
La mairie de Marville décide avec le Conseil Général de prendre le relais et en 1987, le plan d’eau est enfin équipé. En plus de la plage, on va y retrouver un camping, des chalets, un équipement de loisirs nautiques (ski nautique, toboggan, …), une école de voile, un centre équestre, une piscine… et même un golf.
L’an dernier, il est décidé qu’il est plus que temps d’effectuer un grand entretien du lac artificiel. Surtout de vérifier l’état exact du barrage. Celui-ci donne en effet certains signes de vieillissement. Ce qui inquiète les villages qui, comme Flassigny et d’autres, se situent en aval de l’ouvrage d’art.
Et c’est ici qu’UBU pointe son nez
Le 18 avril, on procède à la mise à sec de l’étang entendez par là, que les vannes sont ouvertes. On aurait pu penser que les experts étaient déjà passés et avaient déterminé ce qu’il y avait lieu de faire. Que nenni. Ce ne sera que le 6 mai qu’ils ont prévu de venir.
Ce ne sera qu’à cette date, qu’il sera décidé : soit de reconstruire un nouveau barrage, soit de restaurer celui qui est en place. Ces mêmes experts décideront si le barrage actuel peut refermer ses portes jusqu’au moment où les travaux seront exécutés.
Après leur passage, il faudra procéder à un appel d’offre, puis aux travaux…
Ce qui signifie en pratique, à long terme, si les ingénieurs n’autorisent pas la remise sous eau immédiate, qu’il faudra des années pour que Marville retrouve son plan d’eau.
En tout état de cause
On peut déjà dire que la saison touristique résidentielle de Marville est compromise. Ce qui provoquera au niveau social la non embauche de 10 travailleurs saisonniers et un manque à gagner certain pour les commerçants, hôteliers et restaurateurs de Marville et des alentours. Employeurs qui occupent en plaine saison pas moins d’une trentaine de personnes. Quant aux pêcheurs, ils sont à la recherche d’un nouvel endroit pour y lancer leurs lignes.
Quant à l’écologie, les canards qui venaient nicher sont aujourd’hui absents, les hérons et les cygnes font grises mines, …
Et tout cela à cause d’un manque de coordination
Michel Ghesquière