Mais que reste-t-il de toutes ces constructions ?
Les obstacles : les rails sont partis en acier, enlevés par l’organisation TODT, pour l’effort de guerre ; les barbelés : au mur de l’Atlantique tout comme tous les canons lourds de 105 ou 155 GPF pris aux Français.
- Forts et casemates :les forts se sont battus jusqu’après l’armistice, et leurs équipages ont été faits prisonniers (alors qu’ils n’auraient pas dû l’être) ; les Allemands ont pris leur place: à l’automne 1944, les Américains ont été par endroits, bloqués par la Ligne ! Par exemple sur la Moselle, en Alsace, par le Métrich, le Hackemberg, le Schoenenbourg, le FAC, le Schiessek…
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Les Allemands font sauter les tourelles d’artillerie de Vélosnes et le Chénois, car ils ne peuvent occuper une ligne de feux cohérente. En effet, entre Longuyon-Fermont, et la Tête de Pont de Montmédy-Vélosnes-Chénois, il y a le trou de 12 km du Secteur Fortifié de Marville et ses deux lignes de casemates, légères, et les Allemands se sont aperçus que seuls les gros forts pourvus d’artillerie ou de mortiers étaient fiables et mordants.
Dans les casemates qui représentent peu pour leur défense (et qu’on ne peut pas les retourner), ils récupèrent ce qu’ils peuvent récupérer : deux groupes électrogènes, deux réservoirs de mazout, trois réservoirs à eau, des vivres secs pour trois mois, une radio-TSF, des téléphones de campagne, trois mois de munitions, literie-couchage, filtres à air et ventilateurs, pompes diverses, chalumeau, petit outillage , etc,...etc,... En fait, tout ce qui n’a pas été détruit lors du repli des Français mais qui ont , par contre, détruit ou emporté l’armement .
Changement d’affectations
Dans certains gros ouvrages (Hackemberg par exemple), ils installent des usines de moteurs, ou d’avions ou de grenades, ou autres, les ouvriers étant des déportés des camps de la mort…. Des gros moteurs électrogènes sont enlevés pour équiper des sous-marins ou des usines cachées…(Tous les moteurs et groupes électrogènes étaient en double dans toute la Ligne; rien n’était assez beau pour la Ligne Maginot seulement, hélas, l’état des finances a des limites….)
Après la capitulation nazie, l’Armée Française reprend ses biens, qui sont dans un triste état ; elle refait les gros forts, et certains petits ouvrages, dont le Mauvais Bois, Aumetz, le Mottemberg, le Hobling.
Puis, à la naissance de la force de frappe nucléaire, elle abandonne tout, vers 1965 ; vers 1970-73, toutes les casemates sont revendues par les Domaines, ainsi que les petits ouvrages , partiellement refaits ; beaucoup seront ferraillés par leurs nouveaux propriétaires, et certains mêmes sombreront corps et biens, sous des tonnes d’immondices, puis de terre ,comme Village de Coume (c’était son dépotoir !!!!) 30 km à l’Est de Metz)
L’Armée garde les gros forts ; elle en occupe militairement certains, en tant que P.C :FATAC, OTAN, PC I ère Armée, etc….Des courageux, pas forcément nostalgiques, commencent à arpenter les dessus des forts (les ferrailleurs, ou voleurs divers étant dedans !) : ils récupèrent une partie du patrimoine militaire pour essayer de le mettre en valeur: Fermont, Hackemberg, etc ainsi que des casemates: Grand-Lot, Bichel Sud….(votre serviteur essayant de sauver le G.O du Chénois !!!).
Après des années de misère et de guerre, puis quatre années d’occupation de la Ligne par les Allemands, puis la réfection-en partie- par l’Armée, et l’abandon, la Ligne s’est ré-enfoncée dans l’oubli, et des ferraillages, des maltraitances.
Christian-Marie Sarda