Au nom de la procédure et de la bureaucratie….
Une vingtaine de personnes n’auront pas d’emploi cet été à Marville. Le plan d’eau restera sec simplement à cause d’une manque de coordination entre les services de l’état, ceux des départements et des municipalités.
Si pour les communes riveraines, la décision de ne pas autoriser la remise en eau du plan d’eau a pour conséquence de casser la saison touristique et sans doute également celle de l’an prochain, l’administration n’en a cure. Le chômage ce n’est pas son problème, la bureaucratie et les respects pointilleux des procédures priment.
Rétroacte
En janvier 2009, comme l’explique Christian Aries, président du syndicat mixte de l’Othain, au Républicain Lorrain « Nous avons réalisé un premier diagnostic de l’état du barrage.
Celui-ci préconisait le remplacement de trois clapets et du mécanisme. Soit un coût de 600.000 euros HT. Dépense prise en charge par le département de Meurthe et Moselle et budgétée en automne ».
OK direz-vous, donc les travaux auraient pu aller très vite et donc le plan d’eau rouvert pour la saison été. C’était sans compter la Police de l’eau qui a demandé de vérifier l’état même du barrage. Pour se faire, il fallait vider l’étang. Chose faite pour l’inspection qui a eu lieu les 18-22 avril de cette année.
Conclusion de cette seconde expertise : la partie en béton est considérée comme saine.
Troisième visite, le 29 mai, les services de l’état reviennent et eux et décident que les travaux de remplacement des clapets sont indispensables. Avec comme conclusion : interdiction de remettre en eau pour l’été.
Le risque que le barrage actuel cède
Si on avait remis sous eau dans l’état actuel, Christian Aries le reconnaît lui-même. Le risque aurait été très faible que le barrage cède. D’autant plus qu’en attendant les travaux en automne et devant «Le caractère très faible d’un tel risque, (…) il avait été convenu de remettre en eau au minimum ».
Si nous comprenons bien les déclarations de Chistian Aries, des travaux avaient été planifiés en automne de l’an passé puisqu’un budget avait été ouvert. Les inspections devant simplement déterminer ce qui devaient exactement être réalisé.
Donc c’était relativement simple, les contrôles des clapets et du barrage pouvant être réalisé simultanément, l’appel d’offres et le chantier démarré très rapidement. Par exemple, au printemps. Or il a fallu trois réunions espacées de cinq mois pour arriver à une décision qui lèse économiquement et socialement une région qui se serait bien passée de cela.
Les conséquences de ce manque de coordination et de procédure administrative
Si au niveau esthétique la vallée a perdu tout son charme, par contre au niveau écologique c’est le drame. En effet, avec le temps toute une faune avait trouvé le plan d’eau à son goût et s’y était installée. Il faudra sans doute de nombreuses années pour qu’elle revienne. Que voulez-vous, les poissons et les oiseaux ne connaissent pas bien l’importance du respect des procédures administratives des hommes.
Plus important, le côté social
Si les pêcheurs vont devoir trouver un autre espace pour taquiner les poissons, ce n’est pas trop important puisque l’an prochain, si les travaux sont terminés en automne, ils pourront revenir.
Par contre, qui va dédommager les cafés, épiciers, commerçants, travailleurs saisonniers, guides touristiques,… Et si certains d’entre eux risquent de se trouver en difficulté financière,, est-ce que l’administration va les aider ?
Notre analyse
Imaginons le même scénario dans une usine. Pensez-vous vraiment que l’on aurait bloqué une chaîne de montage pendant une année parce que la procédure l’imposait ? Est-ce que se rendant compte d’un problème,, les directeurs de cette usine n’auraient pas tout planifié pour que les contrôles, réparations et travaux à faire soient réalisés dans le délai le plus court possible ?
Nous ne sommes pas pour la privatisation de tout. La crise économique et financière actuelle prouve les dérives vers lesquelles le libéralisme et le manque de régularisation mènent. Ce que nous souhaitons, c’est que les pouvoirs publics se gèrent avec la même efficacité, le même dynamisme, le même sens élargi des responsabilités que dans le secteur privé.
Nous souhaitons la fin des cloisonnements absurdes entre les administrations. Que celles-ci agissent en parfaite coordination. Qu’elles n’oublient jamais, qu’elles sont avant tout au ser
Michel Ghesquière