Pour rejoindre PAGTOUR cliquer sur le hérisson

  

  www.lalettredemontmedy.fr lundi 06 février 2012  
Ce qui se dit tout bas peut être dit tout haut! Sinon la censure pointe son nez  






EDITO
Le Pays de Montmédy présentation et économie
Histoire du pays de Montmédy
Les Communes du Pays de Montmédy
Découvrir Avioth
Découvrir Marville
Découvrir Montmédy
La ligne Maginot
Montmédy dans la littérature
Ils sont du Pays de Montmedy
Les artistes de Montmédy
Se restaurer
Les grandes manifestations
Hébergement
Boire un verre
Les commerces
Les services
La vie dans le pays
L'ours ou qui est qui
Courrier des lecteurs



Mémoriser le site
Galerie Photo
Telechargez
Moteur
Forum de discussion
Contact
Liste de liens

Accueil >> Découvrir Montmédy >> Toute l'histoire de la citadelle de 1850 à 1920

> Découvrir Montmédy
Toute l'histoire de la citadelle de 1850 à 1920


La citadelle de Montmédy :
une leçon d’histoire d’architecture militaire
 
La citadelle de Montmédy : une leçon d’histoire d’architecture militaire
 
Citadelle construite sous Charles Quint au xvie siècle, ensuite remaniée par Vauban, lequel fut néanmoins limité dans ses propositions d’extension des fronts défensifs par la nature même du terrain.
 
Sentinelle nord de la trouée de Stenay, elle affecte grosso modo la forme d’un triangle rectangle dont l’hypoténuse est orientée SSO-NNE. Intéressante sous tous rapports, la citadelle occupe un promontoire culminant à environ 300 m alt. Les deux tours de l’église Saint-Martin –désormais désacralisée-, construite en 1756, sont visibles depuis des kilomètres à la ronde.
 
Les transformations du 19eme s
 
Séré de Rivières, entre 1874 et 1882, devant le refus de construire un fort d'arrêt à Vélosnes, y a fait effectuer de considérables travaux. Mais il est prudent de ne pas lui attribuer toutes les casemates, comme, par exemple, la ligne des dix magasins adossée à la courtine d’entre les bastions Saint-André et du Boulevard qui apparaissent déjà sur un plan cadastral de 1848 et aujourd’hui occupées par des ateliers d’artistes.
 
Mais il est irréfutable que ces casemates furent opérationnelles durant la période couverte par cet index ; un dispositif d’obturation des fenêtres à plates-bandes à tasseaux (recommandé par la circulaire ministérielle du 26 avril 1878) est d’ailleurs omniprésent.
 
Les casemates implantées face au bâtiment désigné erronément comme étant la poudrière, possèdent sur leurs arrières une petite cour à ciel ouvert. Ce dispositif n’est pas sans rappeler les anciens hôpitaux de siège dans lesquels un grand soin était accordé à l’aération.
 
Comme il est de coutume, les ouvrages traitant de la forteresse soit ignorent soit ne font qu’effleurer la période post-1870 qui, pourtant, mérite que l’on s’y attarde car la ville haute de Montmédy porte jusque dans ses moindres recoins les stigmates d’aménagements ultérieurs. Par exemple, il n’est pas une galerie souterraine, pas une gaine de communication qui ne porte le témoignage d’un support de cage-applique Mle 1879. Mais, bien évidemment, les transfor­ma­tions les plus conséquentes sont ailleurs.
 
Le casernement intérieur
 
Le bastion des Connils, à la pointe sud, a été totalement modifié. Un superbe casernement en puits de lumière y a été creusé. Les trois volées de l’escalier côté place permettant l’accès à cette cour forment une très belle composition architecturale.
 
Cinq chambrées font face à cinq autres travées de magasins dont une abritant des latrines. Dans le prolongement du couloir arrière de ces chambrées, on accède à de vastes citernes ainsi qu’à une partie très ancienne de la citadelle où l’on peut admirer une superbe voûte en croisées d’ogives, dont la pérennité semble toutefois aléatoire.
 
C’est aussi par là que l’on accède à la fameuse caponnière à trois directions. Par-dessus les citernes, la manutention montre les vestiges de deux fours à pain et, chose très rare dans la fortification dite Séré de Rivières, des fenêtres disposant d’un double barrage de poutrelles.
 
S’il est difficile de dater avec précision les traverses de la crête d’artillerie partant de ce bastion vers le bastion Graillé, force est là aussi de constater la présence de bras qui ont l’originalité non seulement d’être chicanés, mais aussi de déboucher à la base des plates-formes et non en arrière du parapet.
 
Nous ne pouvons nous appuyer sur aucun document d’archives, mais selon nous, ces traverses sont bel et bien postérieures à 1874. Des photographies prises par les Allemands durant la Première Guerre mondiale témoignent de la présence sur cette crête de canons de 120 L de Bange.
 
Alors que la défense des fossés semblait devoir être dévolue à de vastes casemates officiant en tant que coffres de courtines (à cet égard le visiteur ne manquera pas d’aller voir l’immense salle du bastion du Boulevard), le petit front sud se verra accoler une nouvelle caponnière qui non seulement sera à trois directions de flanquement, mais se caractérisera aussi par la petitesse des fronts à défendre.
 
Pouvant donc être surprise, car ne pouvant voir venir l’ennemi de loin, elle sera cernée d’un profond fossé et protégée de flanc par une galerie d’escarpe obturant la courtine initiale. Hélas, elle a aujourd’hui bien perdu de sa superbe, l’occupant de la Première Guerre mondiale y ayant joué des scènes de propagande, scènes ayant nécessité le dynamitage des embrasures.
 
Deux profonds magasins sous roc seront creusés, très probablement vers 1888-1890. Le premier, en arrière du bastion du Boulevard, est d’une architecture inhabituellement soignée pour ce genre de magasin. Il s’y trouve de très jolis mariages entre pierres taillées et briques de terre cuite. On y trouve deux cages de monte-charge, dont les débouchés forment deux massifs bétonnés dans un bâtiment de surface désigné comme étant le magasin à poudre.
 
Peut-être a-t-il été construit à l’emplacement de l’ancienne poudrière aujourd’hui disparue ? Quoi qu’il en soit, l’intérieur ne montre que des magasins divers, mais non appropriés pour abriter de la poudre. Un des deux débouchés de monte-charge possède encore une partie de son dispositif de levage dont le volant semble avoir été rapporté.
 
Le second magasin sous roc se situe en arrière du bastion Graillé. Nettement plus dégradé, il ne possède qu’un seul puits de monte-charge dont la tête est, elle aussi, bétonnée.
 
Des écuries étaient prévues
 
Nous relèverons également, dans une série de casemates adossées au bastion Saint-André, une ligne de sept auges en pierre de taille. Ces auges sont placées à hauteur normale pour un cheval, mais la porte d’entrée suffirait à peine pour un poulain. La façade a donc été modifiée.
 
Plusieurs projets d'implan­ta­tion de cuirassements, dont un pour 1 batterie de 2 tourelles Galopin Mle 1890 pour 2 canons de 155 longs, resteront dans les cartons. Une des deux tourelles, commandée et attribuée, sera finalement installée au fort de Pont-Saint-Vincent au sud-ouest de Nancy. En 1914, la garnison se montait à environ 2 300 hommes, mais l’artillerie de la place ne se composait que de 4 canons de 120 mm, 4 de 90 mm, et quelques mortiers en bronze (plus 6 mitrailleuses).
 
La grande majorité de cette garnison logeait dans deux grandes casernes construites en élévation sur ce qui est aujourd’hui la vaste esplanade sud. Ces deux bâtiments longilignes, ainsi qu’un troisième, du tiers environ de la longueur des deux autres, seront élevés en 1679 et repris comme casernes d’infan­terie au cadastre de 1848.
 
Les deux grandes casernes seront baptisées des noms de Broussier et de Thiébault, tandis que la petite deviendra la caserne Loison. Le général Jean-Gabriel Thiébault, montmédien, étant décédé en 1874, il s’agit là sans aucun doute d’une désignation faisant suite au décret du 25 mars 1886 du général Boulanger visant à baptiser les édifices militaires d’une ancienne gloire locale de façon à exacerber les sentiments nationalistes.
 
En 1985, la petite caserne était encore debout, mais aujourd’hui les trois bâtiments ont fait place nette. Il convient enfin de noter la présence d’un puits à l’épreuve des bombardements et toujours surmonté d’une pompe foulante à deux fourreaux et deux roues de manœuvre. Singulièrement, les eaux de ce puits étaient acheminées dans deux décanteurs sis en hauteur dans le même local. La surface de l’eau se situe environ à 65 m de la margelle.
 
Puits et souterrains
 
En 1883-1884, une galerie de 538 m de longueur (120 cm de large pour 180 de haut) reliant la citadelle au tunnel ferroviaire proche, afin de permettre de chargement des fourneaux de mines au centre de ce tunnel, a été creusée. Un accès lui avait été ménagé, bien protégé, entre deux massifs du dispositif de défense face à l’entrée de la citadelle.
 
La partie basse de cette galerie fut revêtue de briques en 1887. La même année, jugeant ce débouché trop exposé, on lui en a substitué un autre qui, partant du fossé de la demi-lune 21, emprunte une nouvelle galerie de 90 m de longueur venant se greffer sur la galerie primitive.
 
C’est dans ce diverticule que l’on construira le magasin à poudre destiné à ali­men­ter les fourneaux du tunnel ferroviaire lequel, d’ailleurs, explosera en 1914, obligeant les Allemands à construire une voie de contournement et ainsi maintenir la continuité de la rocade ferroviaire longeant l’arrière de leurs lignes, véritable artère vitale pour l’approvisionnement du front occidental.
 
Enfin, à la racine nord du bastion Saint-André, se trouve un observatoire incorporé, probablement et selon nous peu avant 1914, dans le sommet de l’escarpe. Bien que disposant de deux larges visières braquées sur le viaduc ferroviaire de Thonne-les-Prés, on lui a accolé sur la droite un genre de tourelle bétonnée, très exigüe, dont nous ne nous expliquons pas la raison d’être. Nous devons signaler avoir trouvé une mention de cet observatoire spécifiant qu’il était de construction allemande, durant la première guerre mondiale. Il est difficile de trancher la question.
 
Le renouveau de la citadelle
 
Bombardée lors de la guerre de 1870, la citadelle ne subit que des dégâts minimes en 1914, le gouverneur de la place en ayant décidé l’évacuation. Ville fantôme jusque dans les années 1980, la ville haute de Montmédy tente aujourd’hui de retrouver sa gloire passée.
 
Des particuliers se sont attachés à la restauration des maisons et la municipalité a consenti de réels efforts pour sa sauvegarde. On y trouve désormais un très intéressant musée de la fortification, la toiture de l’église a été totalement rénovée en 2003-2004 et, chose très appréciée des amateurs, hormis les deux magasins sous roc interdits d’accès pour la protection (pleinement justifiée) des chiroptères, le touriste peut ici passer une journée entière à errer librement dans les galeries, fossés et superstructures de la citadelle.
 
Très bien entretenue, la végétation est maîtrisée, Montmédy constitue un superbe outil pédagogique en matière d’architecture militaire, avec ses chemins couverts traversés, la fausse braie de la courtine d’entre les bastions Graillé et des Connils, son accès impressionnant obligeant le visiteur à franchir trois portes successives dont deux en tunnel et bien d’autres éléments typiques du tracé bastionné.
 
Nous relèverons tout particulièrement le pont-levis à deux flèches de l’entrée, à côté duquel une poterne dispose, elle, d’un pont à une seule flèche. La couleur ocre du macigno, grès calcareux local, ajoute une touche de magie supplémentaire et Montmédy vaut assurément le déplacement.
 
Nous ne formulerons qu’un seul regret : le refuge des moines d’Orval, imposante bâtisse érigée en 1632, n’a pu à ce jour convaincre les décideurs de l’urgence d’une conso­li­dation. Un coin entier s’étant effondré récemment (01/2007), il est à craindre que le reste ne suive rapidement.
 
 
Luc Malchair
 
 
Note de la rédaction : Nous ne pouvons que conseiller aux lecteurs de visiter le site www.fortiff.be . Celui-ci est sans aucun doute l’un des plus complets qui existe sur l’architecture militaire de 1850 à nos jours. Non seulement il traite de la France, mais également de la Belgique, des Pays-Bas, de la Réublique Tchèque, de la Suisse… Pas moins de 6,556 références permettent aux passionnés d’obtenir un panorama complet sur les forts, citadelles et autres bastions d’un patrimoine a sauvegarder.
 
Autre fait à signaler, les promoteurs du site ont édité un ouvrage qui est devenu la bible incontournable sur le sujet. Ce livre de plusieurs kilos et centaines de pages peut être acheté directement sur le site en référence. (M.Gh.)
 






La ruine scandaleuse de Montmédy: le refuge des moines d'Orval
Toute l'histoire de la citadelle de 1850 à 1920
Une ville, un pays

Login Mot de passe
Michel Ghesquiere
21 rue des Folies
55600 Montmédy
Tél: 00 33 (0)9 63 00 36 27 GSM (Bel) 00 32 (0)486 59 03 61
contact@lalettredemontmedy.fr

Extern Solutions creation de sites internet