Le comté de Chiny ou le « comté Gaumais »
Le comté de Chiny a été durant des dizaines d’années l’un des fiefs, dépendant du Saint Empire germanique, parmi les puis puissants de la région. Il avait, selon certains historiens, pour origine le comté d’Yvois (acuellement Carignan) dont on retrouve le nom en 923 et en 955.
Une histoire mouvementée
Ce serait Othon de Warcq, descendant des Pépinides, qui se serait emparé du comté d'Yvois et aurait dès lors fusionné les deux fiefs. En effet, ses successeurs en même temps qu’ils gardaient Warcq avaient la main-mise sur Yvois. Rapidement, il aurait décidé d’occuper Chiny et d’en faire la première capitale du comté. Par la suite, cette capitale a été transférée à Montmédy.
Ce faisant il en prit le nom et créa la dynsatie des comtes de Chiny. Par une politique de conquêtes, de mariages ou d’héritages, le comté s’est agrandi et est devenu l’un des fiefs parmi les plus puissants de la région. La preuve ? A sa plus grande expansion, le comté de Chiny s'étendait sur le sud-ouest de la provine belge du Luxembourg et sur une partie de plusieurs départements français: principalement de la Meuse française ainsi que des parties des départements des Ardennes et de Meurthe et Moselle.
Il était traversé par les rivières de la Semois et de la Chiers, deux affluents de la Meuse. Parmi les cités importantes, en Belgique, on retrouve les villes et villages actuels de Virton, Etalle, Florenville et Neufchateau. Tandis qu’en France en plus de Montmédy qui devint capitale du comté, on a Damvillers, Carignan (Yvois de son nom d’origine), Warcq et même Givet. Ce qui fait dire à d’aucuns, que le centre du comté de Chiny était en quelque sorte le pays de Gaume.
Le tournoi de Chauvency.
En 1285, le comte de Chiny décide d’organiser de grandes festivités. Ce qui à l’époque voulait dire tournoi et joutes. Le lieu des manifestations n’a pas eu lieu à Montmédy même, bien que ce soit le lieu de résidence du comte ou à Chiny (l’ancienne capitale). Mais dans la plaine proche du petit village de Chauvency-le-château.
Selon les historiens, plus de 500 chevaliers, provenant du comté lui-même mais aussi de terres lointaines comme Becques ou du duché de Brabant, s’affrontèrent. Preuve de l’importance de la seigneurie. Ce tournoi est resté dans l’histoire comme étant l’un des plus marquant du moyen-âge. Le poète de l’époque, Jacques Bretel, raconte ces journées de fête dans son célèbre poème du nom de …. Le Tournoi de Chauvency.
La décadence et la disparition
Dès le XIVeme siècle, les comtes de Chiny sont obligés de rendre hommage aux comtes de Bar pour certaines parties de leurs terres en plus de l’hommage rendu aux comtes de Luxembourg. Ces derniers ne se sont pas limités à un simple lien de vassalité. En 1364, le dernier comte de la filiation d'Othon, ruiné, est contraint de vendre le comté au duc de Luxembourg, Wenceslas.
Le comté devint alors l'un des « quartiers romans » du duché de Luxembourg Par la suite, il fût dépendant des ducs de Bourgogne puis passa sous la tutelle des rois d’Espagne. Louis XIV mit fin, par l’annexion de Montmédy, à l’entité géographique. Le Sud du fief étant annexée à la France et l’autre restant aux mains des Espagnols puis après la guerre de Succession d'Esapagne, passant sous la tutelle des Habsbourg d'Autriche.
Durant la Révolution française et lors du Premier empire, les différentes terres du comté furent à nouveau réunies sous la tutelle d'un même état: la France. De 1815 à 1830, la partie Nord fit partie du royaume des Pays-Bas et en 1830 passa au Royaume de Belgique. Le duché de Luxembourg, devenu Grand-duché, propriété privée de Guillaume 1er, roi de Hollande, prit naissance comme état indépendant.
Michel Ghesquière
(Source Wikipédia)