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Le Secteur de Montmédy


Le secteur de la Tête de Pont de Montmédy,
 
Prenons le cas du secteur de la Tête de Pont de Montmédy,  nouveau secteur fortifié, datant de 1935-36, et donc très moderne et très modernisé et allégé, moins onéreux que les ouvrages dits de la zone lourde (Moselle, Alsace, Alpes Maritimes).
 
Il est composé de deux gros fort : Vélosnes et le Chénois, de deux petits ouvrages :la Ferté et Thonnelle, et de quatorze casemates, et de deux villages fortifiés :Willy et Margut (ils le furent, mais il ne reste que quelques traces de blocs)
 
Dans ce secteur deux fortifications peuvent être observées de prés, car proches l’une de l’autre, proches d’une route, l’ex RN 43, et toutes les deux, parfaitement incluses dans le système :le gros ouvrage du Chénois et une casemate : le Christ .(privé).
 
 
 
Le Chénois 
 
situé sous la RN 43, Thonne-le-Thil, 1936-38 ;effectif: 390 Hommes, quatre groupes-diesel de 90 CV chacun, 2562 mètres de galeries, cinq blocs de combat, deux tourelles éclipsables de 188 tonnes chacune (mais, bizarreries de l’armée, on a enlevé les deux canons de 75 mm de l’une pour y installer deux armes-mixtes: A.M : 2 mitrailleuses couplées avec un petit canon de 25 mm anti-char !!), 
 
Plus une trentaine de mitrailleuses, autant de F.M, quatre canons anti-char de 47 mm (çà, c’est du sérieux !) et cinq mortiers de cloche (hélas, non adaptés…..). Trois mois de réserves, fuel, munitions, etc, une radio portant à 100 km. et comme dans tous les ouvrages, des lieux de vie-casernes, cuisines, vivres sont dans le sol, à 20-30-40 mètres de profondeur et loin des blocs de combat,
 
Donc hors du vacarme des bombardements, et pourvus de portes cuirassées, de portes étanches, de sortie de secours (tout ce que n’avait pas le pauvre petit ouvrage de la Ferté baptisé Fort par Adolf (Hitler) pour sa propagande lors de sa capture: « La Ligne Maginot a été vaincue »... (menteur triste).
 
Comme dans tous les ouvrages et casemates, l’air extérieur est aspiré et passe dans des pré-filtres et s’il est gazé, dans des filtres à gaz, énormes cylindres rouges de 250 kg comportant des filtres-papier et au charbon de bois actif  ; une légère surpression, de 1,1 kg, assure la non-intrusion des gaz.
 
La carapace de béton armé à 400 kg de fers à béton par m3, de 2,5 mètres au bloc d’entrée B7, caché dans les bois, passe à 3,5 mètres et même 4 mètres au bloc B 1, celui qui « surplombe » la RN 43 .
 
Les initiateurs et concepteurs de la Ligne, en ne pensant qu’à VAUX, sont même allés jusqu’à équiper chaque dalle d’une gouttière circulaire en béton afin de recueillir l’eau de pluie, la stocker en citerne, alors que dans chaque bloc ou casemate existe un puits foré (toujours Vaux !).
 
Les cloches de guet, pesant 18 tonnes et celles pour armes-mixtes, de 50 tonnes, assurent l’impunité aux trois hommes d’équipage, avec leur 33 cm d’acier au chrome.
 
Exception  : au petit fort de la Ferté, là, les Allemands ne « jouent plus le jeu » ; après l’invasion de la Tchécoslovaquie, où ils découvrent la copie conforme de la Ligne importée par Prague, ils se mettent à tirer au gros canon de DCA dans les embrasures, qui seront rapidement détruites )!
 
Hélas, le Chénois sera sabordé sur ordres (ordres stupides, ce sont les Allemands qui ont dit que ce sabordage était incongru ! Si la garnison était restée sur place, elle aurait bloqué des unités allemandes de siège, unités qui ne se seraient pas trouvées ailleurs ;, les Français n’ayant eu qu’à se taire,
 
L’armée ne réparera pas ce fort, comme Vélosnes, autre gros ouvrage moderne du secteur, avec sa tourelle de deux 75 mm, modèle 1933,semi-automatique !!! Il sera donc utilisé par la troupe de Montmédy (infanterie) jusqu’en 1985, date de la suppression de la garnison, puis vendu par blocs ou cédé aux riverains dont la municipalité de Thonne-le-Thil ; et occupé en partie (UN hectare !) par un conservatoire de chauves-souris, belges).
 
Christian Marie Sarda

  







Le Secteur de Montmédy
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