Le cimetière de Marville à nouveau vandalisé !
Combien de tombes, combien de stèle funéraire faudra-t-il voir abîmées, détruites, saccagées pour qu’enfin les pouvoirs publics se donnent les moyens de préserver ce patrimoine unique en terre Lorraine ?
Avec les années, force est de constater que le respect du passé, du patrimoine représente de moins en moins de choses auprès de certaines personnes. Personnes qui soyons-en sur hurleraient si la tombe de leurs parents étaient taguées, vandalisées.
Hier c’était le cimetière qui était vandalisé, aujourd’hui ce sont les stèles antiques
Jeudi 16 juillet, vers 21h15 un promeneur et ses deux fillettes sont venus prévenir Cécile Zienkiewicz, la présidente du SI de Marville : l'une des portes de l'église du cimetière Saint Hilaire était ouverte. Elle semblait avoir été forcée, une pierre tombale était brisée ....à l'intérieur...
Cécile Zienkiewicz : « Je me suis rendue sur place immédiatement afin de réagir au mieux pour la protection du site. En effet, la porte en question qui n'est plus ouverte depuis des décennies..avait été forcée... Les dégâts peuvent être constatés...Une belle pierre tombale est renversée sur le sol, fracassée en plusieurs morceaux ».
Et pas n’importe quelle stèle!
Il s'agit de la tombe richement sculptéé de Jean Lemaire Gerard, maitre serrurier, décédé le 18 aout 1629 ..il y a 380 ans. Mesurant 115x57x20cm cette stèle est l'une des plus belles pièces du trésor d'art funéraire de Marville
L'identification du défunt se trouve sur l'épitaphe située dans un encadrement à riche décoration végétale, des trèfles à quatre feuilles, (il fait partie des statues qui ont été décapitées lors de la révolution).
en lettres majuscules romaines creusées dans la pierre.
L'inscription était la suivante :"GY,GIST.HONETE.PERONE JEAN LEMAIRE.GERARD.VIVANT.MRE SERVRIER ENTRETENV A MARVILLE QVI.DECEDA.DE.CE.SIECLE.LE.XVIII AONGST 1629. PRIEZ.DIEV.POVR.SON.AME"
La pierre tombale était décorée de deux têtes d'angelots
souriants,
Au milieu d'une arcature, la scène représente la crucifixion, à gauche, Saint jean, comme saint patron, portant la main droite sur le coeur, et le défunt agenouillé, en prière sur un prie-Dieu devant un Livre d'Heures, égrenant un chapelet.
On pouvait admirer la finesse des détails sculptés dans la pierre, tout particulièrement les vêtements de l'époque : cape de bourgeois, capuchon, manches, culottes bouffantes, et bottes plissées.
Autant dire que l’émoi est grand
La présidente du SI : «Comment peux-t-on oser briser de telles traces du passé ? Pourquoi si peu de respect pour ce qui reste d'autrefois ? inconscience, folie, comment qualifier de tels agissements ?
Qu'en est-il de préserver ? de protéger ? Nous sommes obliger d’installer une video protection et de surveillance. Les demandes d'autorisations adminstratives et d'aides financières sont lancées auprès des instances qui ont le devoir de sauvegarder le patrimoine.
Que ce saccage culturel soit à nouveau un cri d'alarme auprès de ceux qui peuvent sauver le patrimoine si exceptionnel, si riche d'histoire, de symboles de Marville et de son riche passé.
Déjà en 1913…
En 1913, Roger Clément, Docteur en Droit, conseiller municipal de Marville menait déjà de fortes actions pour préserver le patrimoine de Marville. Il a écrit "....notre commune ne pourrait assumer à sa charge la forte dépense que devraient occasionner ces réparations.L'administration des Beaux-arts va-t-elle ainsi, délibéremment laisser s'anéantir un monument dont elle a reconnu la valeur en le classant .... puisse notre cri d'alarme, trouver un écho...".
En 1825, Victor Hugo écrivait "il n'y a pas d'Avenir sans Passé".... puis de préciser "Il y a deux choses dans un monument, son usage et sa beauté. Son usage appartient au propriétaire, sa beauté à tout le monde. C'est donc dépasser son droit que le détruire".
Au 21eme s, ces mots doivent être encore plus fortement entendus !
Une plainte a été déposée auprès de la brigade de gendarmerie de Montmédy.
Michel Ghesquière